Le budget 2026 marque un tournant pour l’économie des territoires ultramarins.
Entre réduction des crédits publics, tentative de réforme de la défiscalisation, et pression croissante sur le coût du travail, les entreprises locales évoluent dans un environnement plus contraint, où le financement des investissements devient l’enjeu central.
Le texte budgétaire a été adopté définitivement début février via l’article 49.3, après de vifs débats parlementaires
Pour les acteurs économiques, la question n’est donc plus politique mais opérationnelle : comment continuer à investir, se développer et se financer dans un cadre moins favorable ?
Une mission Outre-mer en baisse : moins d’amortisseurs publics
Le premier signal est budgétaire.
La mission Outre-mer passe à environ :
- 2,91 Md€ en autorisations d’engagement
- 2,83 Md€ en crédits de paiement
Soit une baisse estimée à :
- –17,7 % en AE
- –5,1 % en CP
Pourquoi c’est critique pour les entreprises ?
Ces crédits financent :
- le soutien à l’emploi,
- certaines aides aux entreprises,
- des politiques de développement local.
Quand la mission diminue :
- moins de soutien public,
- plus de tension sur la trésorerie,
- plus de prudence bancaire,
- des projets plus difficiles à boucler.
Le risque principal : un ralentissement mécanique de l’investissement privé.
Défiscalisation : le cœur du financement ultramarin a failli être amputé
Le rôle clé du dispositif type “Girardin”
La défiscalisation Outre-mer (investissement productif) permet :
- d’attirer des investisseurs fiscaux,
- d’apporter des quasi-fonds propres aux projets,
- de réduire le recours à la dette bancaire.
Concrètement, c’est souvent le levier qui rend un projet finançable.
Sans elle :
- besoin de plus de dette,
- ratios bancaires dégradés,
- refus de financement plus fréquents.
Ce que prévoyait le PLF 2026
L’article 7 du projet de loi prévoyait : une baisse d’environ 25 % des taux de défiscalisation.
Impact direct attendu :
- chute d’attractivité pour les investisseurs,
- moins d’apports privés,
- hôtellerie, industrie et tourisme particulièrement exposés.
Ce qui s’est finalement passé
Face aux critiques, l’article 7 a été supprimé dans la version finale issue du 49.3.
Lecture STAR INVEST
Bonne nouvelle à court terme :
- les montages existants restent viables
- continuité du financement fiscal
Mais :
- le débat montre clairement que la défiscalisation est désormais scrutée
- une réforme ciblée pourrait revenir dès 2027
Conclusion : sécuriser maintenant les projets plutôt que compter sur la stabilité longue durée.
L’autre risque majeur : le coût du travail (LODEOM)
Moins visible médiatiquement mais potentiellement plus lourd pour les entreprises : la réforme des exonérations sociales spécifiques Outre-mer (LODEOM).
Selon les travaux du Sénat, certains scénarios pourraient entraîner :
- +5 à +8 % de masse salariale
- pour un coût global estimé à 340 M€
Impact concret
Une hausse de masse salariale signifie :
- marges réduites,
- trésorerie sous pression,
- capacité d’emprunt diminuée,
- projets d’investissement reportés.
Pour les secteurs à forte main-d’œuvre (hôtellerie, restauration, services), l’effet peut être plus pénalisant que la fiscalité.
Le contexte budgétaire impose désormais une règle simple : l’investissement ultramarin doit être plus structuré, plus robuste et plus anticipé.
La défiscalisation reste un levier majeur, mais elle ne peut plus être considérée comme acquise.
Le financement des entreprises dépendra davantage de la qualité des projets, de la solidité des business plans et de la capacité à combiner plusieurs sources de capitaux.
Chez STAR INVEST, nous accompagnons justement ces stratégies de sécurisation et d’optimisation des montages financiers pour permettre aux entreprises ultramarines de continuer à se développer malgré un environnement plus contraint.

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