Le tourisme confirme en 2025 son rôle stratégique dans les économies ultramarines françaises. Selon les dernières données publiées par Atout France, les Outre-mer retrouvent quasiment leur niveau d’avant-crise avec plus de 2,2 millions de touristes aériens et près de 6,4 millions de sièges proposés vers les territoires ultramarins.
Derrière cette stabilité globale se cachent toutefois des réalités économiques très différentes selon les bassins. Certaines destinations confirment leur forte capacité de résilience et d’attractivité internationale, tandis que d’autres restent fragilisées par des tensions sociales, des problématiques structurelles ou un environnement économique plus instable.
Dans les Antilles-Guyane, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, mais également dans l’océan Indien avec La Réunion et Mayotte, le tourisme apparaît plus que jamais comme un indicateur majeur de dynamisme territorial, d’investissement et de confiance économique.
Antilles-Guyane : un bassin qui demeure le principal moteur touristique ultramarin
En 2025, le bassin Antilles-Guyane confirme sa place centrale dans l’économie touristique ultramarine. Il concentre à lui seul 55 % des capacités aériennes vers l’Outre-mer et près de 60 % des touristes aériens.
La Guadeloupe et la Martinique continuent de bénéficier d’une très forte connectivité avec l’Hexagone, qui représente encore plus de la moitié des sièges proposés vers ces destinations. Les liaisons avec le Canada et les territoires voisins progressent également, illustrant une volonté progressive de diversification des clientèles internationales.
Le bassin affiche une hausse globale de +8 % des capacités aériennes et une progression du nombre de touristes aériens de +2 % sur un an.
Le développement de l’hébergement locatif entre particuliers se poursuit également à un rythme soutenu. En Martinique comme en Guadeloupe, les volumes de locations saisonnières restent largement supérieurs aux niveaux de 2019. Cette évolution traduit une transformation durable des habitudes de consommation touristique, avec une demande croissante pour des hébergements plus flexibles et expérientiels.
Pour autant, plusieurs indicateurs montrent que les Antilles françaises restent confrontées à des enjeux structurels importants. La fréquentation hôtelière recule encore en Guadeloupe et en Martinique, tandis que les volumes de passagers demeurent inférieurs à ceux observés avant la crise sanitaire.
Dans un environnement concurrentiel très fort face à la République Dominicaine, les Antilles françaises doivent désormais accélérer leur montée en gamme, renforcer leur compétitivité touristique et poursuivre la modernisation de leurs infrastructures.
Polynésie française : une croissance portée par l’international et le haut de gamme
La Polynésie française confirme en 2025 sa trajectoire particulièrement dynamique. Le territoire enregistre une hausse de +6 % des capacités aériennes et une progression de +4 % du nombre de touristes aériens.
La destination bénéficie d’un positionnement international très fort, largement porté par le marché américain, qui représente à lui seul 76 % des sièges proposés vers la Polynésie. Les liaisons aériennes depuis les États-Unis, le Japon et la Nouvelle-Zélande poursuivent leur progression, renforçant encore l’ouverture internationale du territoire.
L’hébergement locatif y affiche également d’excellentes performances, avec un taux d’occupation moyen de 47 %, parmi les plus élevés de l’ensemble des Outre-mer français.
La Polynésie illustre ainsi un modèle touristique davantage fondé sur la valeur ajoutée que sur les volumes. Le territoire capitalise sur une image premium, une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat et une stratégie de différenciation forte à l’échelle mondiale.
Cette dynamique confirme également le potentiel stratégique des investissements liés au tourisme haut de gamme, à l’hébergement premium et aux services à forte valeur ajoutée dans les territoires ultramarins.
Nouvelle-Calédonie : une reprise encore très fragile
À l’inverse, la Nouvelle-Calédonie demeure le territoire ultramarin le plus fragilisé en 2025.
Malgré une légère reprise du trafic aérien (+8 % de passagers), les capacités aériennes restent en recul (-6 %) et surtout, le nombre de touristes aériens chute encore fortement (-38 % sur un an).
Les conséquences économiques sont importantes pour l’ensemble de la filière touristique locale. L’hébergement locatif recule également, avec une baisse des réservations et un taux d’occupation particulièrement faible comparé aux autres territoires ultramarins.
Cette situation illustre la forte dépendance du tourisme à la stabilité économique, institutionnelle et sociale des territoires. Les tensions récentes ont directement affecté l’image de la destination, les flux internationaux ainsi que les capacités aériennes disponibles.
Quelques signaux positifs apparaissent néanmoins, notamment avec la reprise progressive des liaisons aériennes depuis l’Australie et certaines connexions régionales.
Le cas calédonien rappelle surtout une réalité fondamentale : dans les économies insulaires, le tourisme ne constitue pas seulement un secteur d’activité, mais un véritable levier de confiance économique, d’investissement et de dynamisme territorial.
Océan Indien : La Réunion confirme sa solidité, Mayotte reste sous tension
Dans l’océan Indien, les trajectoires de La Réunion et de Mayotte illustrent deux réalités très différentes du développement touristique ultramarin.
La Réunion confirme en 2025 sa grande résilience. Le territoire enregistre une hausse du nombre de passagers aériens (+3 %), des touristes aériens (+4 %), mais aussi une progression simultanée de l’offre hôtelière et des nuitées touristiques.
Avec plus de 1,7 million de sièges proposés et près de 1,4 million de passagers, La Réunion s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux moteurs touristiques des Outre-mer français.
Cette solidité repose sur plusieurs facteurs : une forte connectivité avec l’Hexagone, une diversification progressive des clientèles et un modèle touristique plus équilibré entre loisirs, tourisme affinitaire et déplacements professionnels.
Le territoire affiche également l’un des meilleurs taux d’occupation de l’hébergement locatif ultramarin, avec 44 % de taux moyen en 2025.
À l’inverse, Mayotte continue d’évoluer dans un contexte plus fragile. Malgré une hausse du trafic aérien (+9 %), les capacités aériennes reculent encore (-6 %) et l’offre hôtelière subit une forte contraction.
Le territoire reste confronté à plusieurs contraintes structurelles : tensions sécuritaires, pression démographique, déficit d’infrastructures et difficultés économiques persistantes. Ces facteurs limitent mécaniquement le développement touristique malgré un potentiel naturel important.
Certains indicateurs montrent néanmoins une demande toujours présente. Le taux d’occupation hôtelier progresse même en 2025, signe d’un marché qui reste actif malgré la réduction des capacités disponibles.

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